Affichage des articles dont le libellé est Melandri. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Melandri. Afficher tous les articles

samedi 21 mars 2020

Confinement : jour 5

Unis comme les 5 doigts d'une main ?


Repérée et relayée par un bibliothécaire du Grand-Dole, une lettre touchante :

"Francesca Melandri, écrivaine, est confinée à Rome depuis le 9 mars.
Dans le Libé de ce matin (20 mars), elle a publié une lettre magnifique aux Français, depuis l'Italie, depuis notre futur..."

"Je vous écris d’Italie, je vous écris donc depuis votre futur. Nous sommes maintenant là où vous serez dans quelques jours. Les courbes de l’épidémie nous montrent embrassés en une danse parallèle dans laquelle nous nous trouvons quelques pas devant vous sur la ligne du temps, tout comme Wuhan l’était par rapport à nous il y a quelques semaines. Nous voyons que vous vous comportez comme nous nous sommes comportés. Vous avez les mêmes discussions que celles que nous avions il y a encore peu de temps, entre ceux qui encore disent «toutes ces histoires pour ce qui est juste un peu plus qu’une grippe», et ceux qui ont déjà compris. D’ici, depuis votre futur, nous savons par exemple que lorsqu’ils vous diront de rester confinés chez vous, d’aucuns citeront Foucault, puis Hobbes. Mais très tôt vous aurez bien autre chose à faire. Avant tout, vous mangerez. Et pas seulement parce que cuisiner est l’une des rares choses que vous pourrez faire. Sur les réseaux sociaux, naîtront des groupes qui feront des propositions sur la manière dont on peut passer le temps utilement et de façon instructive ; vous vous inscrirez à tous, et, après quelques jours, vous n’en pourrez plus. Vous sortirez de vos étagères la Peste de Camus, mais découvrirez que vous n’avez pas vraiment envie de le lire.

Vous mangerez de nouveau.

Vous dormirez mal.

Vous vous interrogerez sur le futur de la démocratie.

Vous aurez une vie sociale irrésistible, entre apéritifs sur des tchats, rendez-vous groupés sur Zoom, dîners sur Skype.

Vous manqueront comme jamais vos enfants adultes, et vous recevrez comme un coup de poing dans l’estomac la pensée que, pour la première fois depuis qu’ils ont quitté la maison, vous n’avez aucune idée de quand vous les reverrez.

De vieux différends, de vieilles antipathies vous apparaîtront sans importance. Vous téléphonerez pour savoir comment ils vont à des gens que vous aviez juré de ne plus revoir.
Beaucoup de femmes seront frappées dans leur maison.

Vous vous demanderez comment ça se passe pour ceux qui ne peuvent pas rester à la maison, parce qu’ils n’en ont pas, de maison.

Vous vous sentirez vulnérables quand vous sortirez faire des courses dans des rues vides, surtout si vous êtes une femme. Vous vous demanderez si c’est comme ça que s’effondrent les sociétés, si vraiment ça se passe aussi vite, vous vous interdirez d’avoir de telles pensées.

Vous rentrerez chez vous, et vous mangerez. Vous prendrez du poids.

Vous chercherez sur Internet des vidéos de fitness.

Vous rirez, vous rirez beaucoup. Il en sortira un humour noir, sarcastique, à se pendre.

Même ceux qui prennent toujours tout au sérieux auront pleine conscience de l’absurdité de la vie.

Vous donnerez rendez-vous dans les queues organisées hors des magasins, pour rencontrer en personne les amis - mais à distance de sécurité.

Tout ce dont vous n’avez pas besoin vous apparaîtra clairement.

Vous sera révélée avec une évidence absolue la vraie nature des êtres humains qui sont autour de vous : vous aurez autant de confirmations que de surprises.

De grands intellectuels qui jusqu’à hier avaient pontifié sur tout n’auront plus de mots et disparaîtront des médias, certains se réfugieront dans quelques abstractions intelligentes, mais auxquelles fera défaut le moindre souffle d’empathie, si bien que vous arrêterez de les écouter. Des personnes que vous aviez sous-estimées se révéleront au contraire pragmatiques, rassurantes, solides, généreuses, clairvoyantes.

Ceux qui invitent à considérer tout cela comme une occasion de renaissance planétaire vous aideront à élargir la perspective, mais vous embêteront terriblement, aussi : la planète respire à cause de la diminution des émissions de CO2, mais vous, à la fin du mois, comment vous allez payer vos factures de gaz et d’électricité ? Vous ne comprendrez pas si assister à la naissance du monde de demain est une chose grandiose, ou misérable.

Vous ferez de la musique aux balcons. Lorsque vous avez vu les vidéos où nous chantions de l’opéra, vous avez pensé «ah ! les Italiens», mais nous, nous savons que vous aussi vous chanterez la Marseillaise. Et quand vous aussi des fenêtres lancerez à plein tube I Will Survive, nous, nous vous regarderons en acquiesçant, comme depuis Wuhan, où ils chantaient sur les balcons en février, ils nous ont regardés.

Beaucoup s’endormiront en pensant que la première chose qu’ils feront dès qu’ils sortiront, sera de divorcer. Plein d’enfants seront conçus.

Vos enfants suivront les cours en ligne, seront insupportables, vous donneront de la joie. Les aînés vous désobéiront, comme des adolescents ; vous devrez vous disputer pour éviter qu’ils n’aillent dehors, attrapent le virus et meurent. Vous essaierez de ne pas penser à ceux qui, dans les hôpitaux, meurent dans la solitude. Vous aurez envie de lancer des pétales de rose au personnel médical.

On vous dira à quel point la société est unie dans un effort commun, et que vous êtes tous sur le même bateau. Ce sera vrai. Cette expérience changera à jamais votre perception d’individus. L’appartenance de classe fera quand même une très grande différence. Etre enfermé dans une maison avec terrasse et jardin ou dans un immeuble populaire surpeuplé : non, ce n’est pas la même chose. Et ce ne sera pas la même que de pouvoir travailler à la maison ou voir son travail se perdre. Ce bateau sur lequel vous serez ensemble pour vaincre l’épidémie ne semblera guère être la même chose pour tous, parce que ça ne l’est pas et ne l’a jamais été.

A un certain moment, vous vous rendrez compte que c’est vraiment dur.

Vous aurez peur. Vous en parlerez à ceux qui vous sont chers, ou alors vous garderez l’angoisse en vous, afin qu’ils ne la portent pas. Vous mangerez de nouveau.

Voilà ce que nous vous disons d’Italie sur votre futur. Mais c’est une prophétie de petit, de très petit cabotage : quelques jours à peine. Si nous tournons le regard vers le futur lointain, celui qui vous est inconnu et nous est inconnu, alors nous ne pouvons vous dire qu’une seule chose : lorsque tout sera fini, le monde ne sera plus ce qu’il était."  

® Tous droits réservés

mardi 4 juin 2019

Club des lecteurs de la médiathèque Albert-Camus

samedi 1er juin 2019

🙇

Deux nouvelles lectrices sont venues agrandir le cercle du club des lecteurs : 

bienvenue à Danielle et Marie-Pierre !



Aujourd'hui, pas de présentation de nouveautés mais un échange autour des lectures de

chacun, qu'il s'agisse de romans lus en avant-première ou de livres plus anciens.



Il a été question.....de passion, 
                                 de faits historiques, 
                                    d'hémoglobine, 
                                      de maladies 
                                        et plus encore...


Mais aussi..... d'amour, 
                            de reconstruction de soi grâce aux livres et à la lecture, 
                                de dérapages drôlissimes 
                                    et de peinture sur galets.



Voici les livres dont il a été question ce matin :




"Sur la colonisation de l'Étiopie par l'Italie, sur la présence du régime fasciste en Étiopie et la dureté des lois raciales.
Ce roman est un pavé de 900 pages, que l'auteur a mis 10 ans à écrire.
Lourd, prenant, difficile."
Claudine






 "Un jeune à la dérive trouve un petit boulot dans un EPAHD. Il y rencontre un ancien libraire qui a la particularité d'avoir meublé sa chambre avec ses 
3 000 livres préférés. 
Le vieux s'attache au jeune et lui fait découvrir plein d'auteurs. Grégoire deviendra lecteur pour l'EPAHD.
Superbe ! Une lecture qui fait du bien.
Frédérique

("Y'a pas d'chat !")






"L'étude d'une passion sur plusieurs années, et comment ça a fait progresser la narratrice. Un roman très particulier, un peu psy, mais du "psy" lisible.
Se lit vite et bien."
Nicole


"Très bien écrit. De l'humour. Positif dans l'ensemble. Assez dynamique." 
Nicole
Un recueil de nouvelles paru en 2007. 
Plébiscité par les lecteurs. 
Un régal d'humour et de vacheries !

Résumé :
Le mois dernier, on a fêté les cent ans de Mme Vivieux.

C'est bien d'avoir un centenaire, pour une maison de retraite.

Le centenaire, ça donne toujours un petit coup de pouce à la liste d'attente. À peine on a fini de souffler les bougies, hop, trois ou quatre nouveaux inscrits. On a droit aux articles dans les journaux locaux, La Petite Gazette, et L'Écho du pays. Dans le quotidien régional, aussi. Comme dit Mme Prunier, de l'accueil: le centenaire, c'est vendeur. 



























"A travers le parcours d'un cartographe, nous voyageons à travers l'Europe du XVIIème siècle et nous découvrons la Laponie. L'ambiance est dure (poids des religions, racisme) mais le récit est haletant. D'autant que le héros a une personnalité attachante. 
Un pavé historique qui se lit comme un polar, on est porté par le désir de connaître la suite."
Anne


"Un livre lu sans enthousiasme. Il y a de très bons moments, on sent que l'auteur s'est fait plaisir, que c'est pour elle une sorte d'orgasme littéraire. Mais où nous emmène-t-elle ? Sur le divan d'un psy ? Dans un roman, un essai, un récit ? Il y a des pages sans ponctuation, ça peut dérouter. Mais paradoxalement, certains passages sont superbes. Il y est question du sexe, de l'intime, des hommes que la narratrice aime et qui la font "accoucher" d'elle-même.Très bien pour une femme qui se cherche. "                                      Fred

"Je recommande la série d'enquêtes danoises de Jussi Adler-olsen. Il s'agit de cold-case - d'affaires classées. C'est super bien écrit - j'ai des frissons rien que d'en parler ! Miséricorde est le premier de la série (il y a 7 titres). C'est un mélange d'Indridason et d'Henning Mankell (pour l'aspect sociologique).Selfies est génial ! Une assistante sociale fait sa black-list et tue des adolescentes trop "pétasses". Fabuleusement horrible !"               Fred

"Un doc facile, qui ne nécessite pas beaucoup de matériel.Un petit bouquin plein de choses très jolies !"
Marie-Pierre



"Une BD sur le cancer. Exactement le marathon vécu par les personnes malades. Deux points de vue : celui du médecin (on voit les différents types de médecins) et celui des malades. On voit l'entourage qui s'efface, l'urgence à vivre pour certains malades. 
C'est imagé.
C'est la réalité. 
C'est rigolo."
Kiki




"Bérangère a 40 ans, elle est hôtesse de l'air, propre sur elle, BCBG, sérieuse, toujours très bien. 
Mais un jour elle dérape, se lâche...
C'est drôle.
On ne se prend pas la tête."

Frédérique







"Dix-sept nouvelles autobiographiques dans lesquelles Maggie O'Farrell raconte avoir frôlé la mort - qu'il s'agisse de la sienne ou de celle de sa fille.
Certaines histoires sont terrifiantes, d'autres très touchantes.
Mais toutes sont magnifiquement écrites, avec des amorces très efficaces.
Superbe, un coup de cœur !"
Marie






"Un héros qui a le don de délivrer les personnes coincées dans des objets - on les appelle des "fantômes errants". Le jeune garçon doit donc passer des vivants aux fantômes.
C'est vivant, bien écrit, pas du tout effrayant."
Kiki




"Cette BD est une adaptation d'un récit paru dans les années 90. Il y est question du viol d'une adolescente. Le graphisme est magnifique : très expressif, il montre des choses que le texte ne dit pas. Il est question du sentiment de culpabilité de la victime d'une agression sexuelle et de son immense solitude. 
Des ressources sont données en fin d'ouvrage (n° de tel d'urgence, liens vers des associations d'aide aux victimes)."

Marie



 





Disponible à Camus : le tome 4 des aventures de Cormoran Strike (adaptées par la BBC).

On y retrouve avec plaisir l'enquêteur et sa jeune acolyte, Robin Ellacott.





À la demande générale, un dernier club des lecteurs a été prévu avant les vacances d'été. 


Il aura lieu le samedi 6 juillet, de 10 h à 11 h 30





N'hésitez pas à venir nous parler de vos lectures !