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vendredi 15 mai 2020

Déconfinement : J+4


Le dicton du jour (15 mai) tombe rudement bien :


"À la Sainte-Denise, finie la bise"

Même si la bise dont il est question ici n'a rien à voir avec les bisous, les bécots, les poutous. On est bien d'accord :

"Depuis la Sainte-Louise [15 mars], finie la bise"


Dans ce dicton, il est question d'une chose qui nous fait bien davantage frissonner puisque la bise est un vent vif et froid caractéristique des régions Nord-Est. Bien connu de nos contrées franc-comtoises ce vent est signe de beau temps car il souffle en rafales et chasse les nuages
La Fontaine utilisait ce terme - la bise - de façon métonymique* pour désigner la rudesse de l'hiver, par exemple dans la fable de "La Cigale et la Fourmi" :


"La Cigale, ayant chanté
Tout l'été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue"


Une variante de ce dicton est : 
"À la Saint Denise s'arrête la bise" : à la mi-mai, fin des vents froids. Nous pouvons compter sur la douceur climatique.

La bise étant un vent relativement violent, on comprendra que l'expression "fendre la bise" ** signifie aller très vite !

Ne pas confondre : 
"fendre la bise" : faire vite
et "se fendre d'une bise": se sentir obligé d'embrasser quelqu'un.

* la métonymie est une figure littéraire qui consiste à utiliser le glissement de sens pour désigner une chose par une autre qui lui est associée.
** Encore une métonymie !
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mardi 5 mai 2020

Confinement : jour 50


De lecteur à lecteurs  


Message de Pierre :
Quel plaisir à savourer, peut-être bientôt, les beautés de la nature. Anna de Noailles, une poète, du début du XXème siècle en appréciait la sensualité. Elle écrivait :

 « Je me suis appuyée à la beauté du monde
Et j’ai tenu l’odeur des saisons dans mes mains »


Et elle chante dans « Surprise » avec un lyrisme que l’on pourrait qualifier de charnel, les jardins, et les beaux paysages, en symbiose totale avec la nature :


Je méditais; soudain le jardin se révèle
Et frappe d’un seul jet mon ardente prunelle.
Je le regarde avec un plaisir éclaté;
Rire, fraîcheur, candeur, idylle de l’été !
Tout m’émeut, tout me plaît, une extase me noie,
J’avance et je m’arrête; il semble que la joie
Était sur cet arbuste et saute dans mon cœur !
Je suis pleine d’élan, d’amour, de bonne odeur,
Et l’azur à mon corps mêle si bien sa trame
Qu’il semble brusquement, à mon regard surpris,
Que ce n’est pas ce pré, mais mon œil qui fleurit
Et que, si je voulais, sous ma paupière close
Je pourrais voir encor le soleil et la rose.


(Anna de Noailles, Les Éblouissements, 1907)
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