mardi 5 mai 2020

Confinement : jour 50


De lecteur à lecteurs  


Message de Pierre :
Quel plaisir à savourer, peut-être bientôt, les beautés de la nature. Anna de Noailles, une poète, du début du XXème siècle en appréciait la sensualité. Elle écrivait :

 « Je me suis appuyée à la beauté du monde
Et j’ai tenu l’odeur des saisons dans mes mains »


Et elle chante dans « Surprise » avec un lyrisme que l’on pourrait qualifier de charnel, les jardins, et les beaux paysages, en symbiose totale avec la nature :


Je méditais; soudain le jardin se révèle
Et frappe d’un seul jet mon ardente prunelle.
Je le regarde avec un plaisir éclaté;
Rire, fraîcheur, candeur, idylle de l’été !
Tout m’émeut, tout me plaît, une extase me noie,
J’avance et je m’arrête; il semble que la joie
Était sur cet arbuste et saute dans mon cœur !
Je suis pleine d’élan, d’amour, de bonne odeur,
Et l’azur à mon corps mêle si bien sa trame
Qu’il semble brusquement, à mon regard surpris,
Que ce n’est pas ce pré, mais mon œil qui fleurit
Et que, si je voulais, sous ma paupière close
Je pourrais voir encor le soleil et la rose.


(Anna de Noailles, Les Éblouissements, 1907)
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lundi 4 mai 2020

Confinement : jour 49

 L'asperge
"Petite par la taille mais grande par le renom"

L'Asparagus officinalis est consommée d'avril à juin. Légume gourmet, fragile et plutôt onéreux, l'asperge peut être verte (goût prononcé), blanche (fine et délicate) ou violette (fruitée). Elle peut être consommée chaude, froide ou tiède, en potage, en vinaigrette, en risotto et de quantité d'autres façons. 

C'est un aliment santé : riche en fibres, en vitamines, en potassium, cuivre, calcium, fer et phosphore. Elle est diurétique et renforce le système immunitaire.

Quelques citations :
"Qu'est notre imagination, comparée à celle d'un enfant qui veut faire un chemin de fer avec des asperges ?"  Jules Renard

"L'asperge est le poireau du riche." Francis Blanche

"Quand on dit que le poireau est l'asperge du pauvre, ce n'est gentil ni pour le poireau, ni pour l'asperge, ni pour le pauvre." Albert Valentin



L'asperge est un légume chic, souvent au menu dans La Recherche :
 "[...]mon ravissement était devant les asperges, trempées d’outremer et de rose et dont l’épi, finement pignoché de mauve et d’azur, se dégrade insensiblement jusqu’au pied - encore souillé pourtant du sol de leur plant - par des irisations qui ne sont pas de la terre. Il me semblait que ces nuances célestes trahissaient les délicieuses créatures qui s’étaient amusées à se métamorphoser en légumes et qui, à travers le déguisement de leur chair comestible et ferme, laissaient apercevoir en ces couleurs naissantes d’aurore, en ces ébauches d’arc-en-ciel, en cette extinction de soirs bleus, cette essence précieuse que je reconnaissais encore quand, toute la nuit qui suivait un dîner où j’en avais mangé, elles jouaient, dans leurs farces poétiques et grossières comme une féerie de Shakespeare, à changer mon pot de chambre en un vase de parfum.
 La pauvre Charité de Giotto, comme l'appelait Swann, chargée par Françoise de les "plumer", les avait près d'elle dans une corbeille, son air était douloureux, comme si elle ressentait tous les malheurs de la terre ; et les légères couronnes d'azur qui ceignaient les asperges au-dessus de leurs tuniques de rose étaient finement dessinées, étoile par étoile, comme le sont dans la fresque les fleurs bandées autour du front ou piquées dans la corbeille de la Vertu de Padoue."

                            Marcel Proust
                                  Du côté de chez Swann (Gallimard – coll. Folio, p. 144-145)

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dimanche 3 mai 2020

Confinement : jour 48


Léopoldine Hugo
De lecteur à lecteurs

Message de Pierre : 
De nombreuses familles souffrent aujourd'hui d'avoir perdu un proche sans avoir pu l'accompagner dans ses derniers instants, sans avoir pu lui rendre un dernier hommage comme on le pratique habituellement. Il faut pourtant essayer de faire son deuil. Rien n'est facile.

Victor Hugo, qui a perdu sa fille Léopoldine dans la fleur de l'âge, n'a pu, quatre ans après, atténuer sa douleur. Il l'exprime dans le court poème qui suit, avec une sobriété bouleversante :


Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Victor Hugo (Les Contemplations)
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samedi 2 mai 2020

Confinement : jour 47

De lectrice à lecteurs

Message Marie-Pierre :
Le confinement, un temps pour...
explorer des recettes gourmandes
se couper les cheveux (en 4 ou pas) et être étonné du résultat
réaliser des vidéos drôles
s'assouplir, respirer
développer sa créativité
se plonger dans les souvenirs de moments passés, enregistrer sa base de données
lire sous la brûlante caresse du soleil
écouter la pluie tomber
partager un film, se laisser bercer par la musique, visiter des musées virtuels
danser, chanter, se réveiller avec le chant des oiseaux
se parler, écrire, s'écrire, rire, se regarder, observer
prendre le temps
rêver

encore quelques jours avant de refermer la parenthèse ) profitons...

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vendredi 1 mai 2020

Confinement : jour 46

Le gai brin de muguet du 1er mai 

Le muguet serait de longue date le symbole du renouveau printanier, de la vie et du bonheur retrouvé. Il est censé porter chance, surtout si son brin compte 13 clochettes. 

Au Moyen Âge, au temps des "accordailles" – ainsi nommait-on les mariages à l'époque - les jeunes hommes accrochaient un brin de muguet à la porte de leur bien-aimée afin de manifester leur attachement. 

Charles IX serait à l'origine de la traditionnelle offrande du 1er mai – ce qui ferait remonter cette pratique à l'année 1561. Le Roi offrait un brin de muguet à chaque dame de sa Cour en guise de porte-bonheur.

Depuis le XIXème siècle, la Fête du travail, le 1er mai, est associée à une fleur. Au départ, il s'agissait de l'églantine. Pétain n'aimant pas les fleurs rouges, l'églantine fut remplacée par le muguet.

1er mai 1936
1er mai 1851


Jouée sur l'air d'un chant traditionnel russe "Les nuits de Moscou", la chanson suivante a été écrite par Francis Lemarque en 1959 :

  Le temps du muguet 


Il est revenu le temps du muguet
Comme un vieil ami retrouvé
Il est revenu flâner le long des quais
Jusqu'au banc où je t'attendais
Et j'ai vu refleurir
L'éclat de ton sourire
Aujourd'hui plus beau que jamais

Le temps du muguet ne dure jamais
Plus longtemps que le mois de mai
Quand tous ses bouquets déjà seront fanés
Pour nous deux rien n'aura changé
Aussi belle qu'avant
Notre chanson d'amour
Chantera comme au premier jour   

                                                                                               
Il s'en est allé le temps du muguet
Comme un vieil ami fatigué
Pour toute une année pour se faire oublier
En partant il nous a laissé
Un peu de son printemps
Un peu de ses vingt ans
Pour s'aimer pour s'aimer longtemps.


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jeudi 30 avril 2020

Confinement : jour 45


Le mot du jour : Ayurnamat

Ce mot inuit signifie : on y peut rien !
Un équivalent serait : accepter ce qu'on ne peut changer, non pas baisser les bras mais avoir l'art de choisir ses combats.

Donc, pas de résignation mais plutôt acceptation des épreuves de la vie, pour se recentrer sur les vrais défis plutôt que de s'acharner sur de vains regrets, sur des situations que nous ne pouvons pas modifier. 

On retrouve cette idée dans cette citation du philosophe stoïcien, Marc-Aurèle :

"Donnez-moi la sérénité d'accepter les choses que je ne peux pas changer, le courage de changer celles que je peux changer et la sagesse de distinguer les premières des secondes.
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mercredi 29 avril 2020

Confinement : jour 44

De lectrice à lecteurs 


Une vidéo partagée par Dominique :

L'équipe de la médiathèque intercommunale de Mirecourt 

a imaginé et réalisé une vidéo sur

Les réunions de médiathécaires pendant le confinement


Merci à  Angéline, Eugénie, Virginie, Marylène et Olivier 
pour ce sympathique moment !

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