mardi 7 avril 2020

Confinement : jour 22


Le masque alternatif    
petit tuto



L'Académie nationale de Médecine recommande désormais le port d'un masque de protection, en plus du respect de la distanciation sociale et des gestes barrières. Elle recommande par ailleurs la diffusion des indications pratiques pour la fabrication de ces masques de la débrouille.
J'ai choisi un modèle simple, qui ne nécessite ni doigts de fée ni machine à coudre.


Le matériel :

  • 2 morceaux de tissu 100% coton de dimension 20 x 20 cm
  • une bobine de fil assorti (ou pas. Vous pouvez aussi jouer sur les contrastes ou carrément estimer que, vu le contexte, on s'en fiche !)
  • 2 longueurs d'élastique souple et plat de 20 cm : ce masque, on va se l'attacher derrière les oreilles.
  • quelques aiguilles à bâtir pour fixer bord à bord les morceaux de tissu
  • 1 règle
  • 1 crayon pour tracer les repères et les lignes
  • des ciseaux qui coupent (ça a l'air d'une lapalissade mais les ciseaux émoussés : NON, ça ne va pas)
  • un peu de jugeote

C'est parti !
1. Positionner les tissus endroit contre endroit
2. Épingler. Tracer un trait à 1 cm du bord.




















3. Coudre solidement les 2 côtés épinglés.
4. On va insérer les élastiques.





5. Sur les côtés ouverts, on trace à chaque angle une ligne de 6 cm.

À l'aide d'une épingle, on fixe l'élastique à un angle du côté ouvert, puis à l'autre.








6. On coud sur les lignes, une couture solide, surtout au niveau des extrémités de l'élastique.

Attention : on ne coud  pas le milieu parce qu'ensuite il faudra retourner l'ouvrage (voir photo n°8)


Voici une vue d'ensemble :





On devine l'élastique sous le tissu.

L'aiguille du milieu sert juste à bien maintenir l'ouvrage. Cette partie n'est pas cousue.
8. Résultat une fois un côté cousu








Voici l'ouvrage une fois l'élastique fixé sur un côté.

7. On procède à l'identique pour le côté opposé.

Et on retourne le carré cousu.


On obtient ceci une fois l'ouvrage retourné :

Voilà !



Ce n'est pas terminé...


Il est important de bien ressortir les coins.


 On aplatit bien le tissu. On peut utiliser un fer à repasser.

Maintenant, on va créer un pli superposant sur 1 cm de hauteur le bas du masque. On le fixe avec une aiguille à chaque extrémité.
On répète deux fois ce système de pliage.



Ça donnera 3 plis en tout.

On coud solidement les côtés avant de retirer les épingles.

Ça peut être un peu difficile à cause des épaisseurs de tissu. Il faut coudre à petits points serrés pour fixer solidement les plis.



Voilà ! 


 Cette fois, c'est terminé !

lundi 6 avril 2020

Confinement : jour 21


Ce thème a inspiré Pierre, qui vous en parlera dans la rubrique De lecteur à lecteurs
C'est un sujet brûlant. Un objet rare, précieux. Certains parmi vous ont peut-être ressorti fil, aiguille et tissu pour en coudre une version artisanale. Et si on allait voir de plus près cet objet devenu indispensable ? 

Le Masque


De l'italien "maschera". Maskara (mascara) désignant une tache noire, une salissure.

L'association «masque»/«sorcière» (ou «spectre, démon»), avec la notions de «noir», tient à sa fonction dans l'imaginaire populaire : faire peur.

Pourquoi maskara ? Parce que les plus anciens déguisements consistaient à simplement se noircir le visage et parfois le corps.



Protecteur, festif ou esthétique, le masque est un visage artificiel. Un objet qui recouvre le visage. Il peut prendre la forme d'un moule en argile, terre, bois, carton, plastique, etc. Ou celle d'un article confectionné en tissu (soie, coton,satin, velours, etc.).


Le visage, parce qu'il est singulier, permet la reconnaissance visuelle. Le masquer, c'est donc altérer – quelles qu'en soient les raisons – sa visibilité. Ça a engendré une connotation péjorative : se masquer, ce serait tricher, mentir. Afficher une apparence trompeuse pour leurrer.


Ainsi la persona, à l'origine un masque de théâtre symbolisant une personne fictive stéréotypée, devient, en psychologie analytique, et sous l'égide de Carl Jung, un terme désignant un faux-soi, une personnalité d'emprunt.

Lever le masque, selon l'expression, ce serait révéler son "vrai visage", sa "vraie nature", sa "vérité nue".


                           
   Les fonctions du masque :
  • protéger contre certains risques : les piqûres d'abeille (masque de l'apiculteur), les coups d'épée (masque d'escrime), les germes (le personnel hospitalier), les substances toxiques potentiellement mortelles (le masque à gaz), l'asphyxie (le masque à oxygène et masque de plongée)  – pour ces trois derniers, il y a plus spécifiquement la préservation d'une fonction vitale – la respiration.
                                    
  • endormir : le masque anesthésiant, pour contrôler/endormir la douleur (et le patient)
  • dissimuler son identité : la cagoule des agents du GIGN ou du RAID qui a une fonction masquante, de même que celles des malfrats, à l'autre extrémité de l'échelle des valeurs.
  • anonymiser : par ex. les Anonymous, avec leur masque à l'effigie de Guy Fawlkes.
  • tromper : afficher un masque trompeur.
  • jouer sur les apparences/esthétiser : la mode, le théâtre. Ex : le loup des aristocrates du XVIIIème siècle destiné à protéger la blancheur de peau des Dames lorsqu'elles sortaient.
  • préserver l'image "vivante" de la personne décédée: les masques funéraires ou mortuaires. Cas paradoxal du masque qui fige la "vérité" d'un visage, de ses traits.


  • Symboliser : comme dans le théâtre antique, le théâtre japonais, classique. Ex :  La Persona (per – sonare = parler à travers) : masque de théâtre de la Rome antique. Les 138 masques de caractérisation du théâtre No. Les masques archétypaux de la Commedia dell'arte. En mettant un masque, l'acteur endosse la personnalité fictive qu'il doit incarner.                                                                   
  • Exorciser : les "masques de maladie", originaires d'Afrique. Leur puissance symbolique sert à lutter contre la peur devant certains fléaux.
  • Inquiéter : jouer sur la paranoïa... Qui se cache derrière le masque ? Dans quel but ?

Parfois, ces fonctions se cumulent.
Ex : les Anonymous = 
- symboliser (la défense des libertés numériques essentiellement)

- dissimuler (leur identité)

- susciter de l'inquiétude (en arborant le même masque au large sourire vaguement menaçant) 


Quelques masques dans le paysage culturel :

Le Vengeur Masqué : petite maison d'édition toulousaine spécialisée en littérature jeunesse.

Les Éditions du masque : éditeur de toute l'oeuvre d'Agatha Christie. Spécialisé dans le roman policier.

"Le Masque", nouvelle d'Anton Tchekhov, parue en 1884

"Le Masque", nouvelle de Maupassant, parue en 1889

Le Masque et la Plume : émission radiophonique créée en 1955, sur France Inter.

Le Masque de fer : mystérieux prisonnier d'État du règne de Louis XIV a beaucoup inspiré littérature et cinéma.

Dark Vador : avec son masque noir, reflet de son âme noire. Masque aux multiples pouvoirs destinés à renforcer "le côté obscure de la force"


Fantômette: série de cinquante-deux romans pour la jeunesse créée par Georges Chaulet et publiée en France de 1961 à 2011 aux éditions Hachette dans la célébrissime collection Bibliothèque rose.



Et l'inévitable Z
... qui veut dire Zorro ♫Le


De lecteur à lecteurs 


Message de Pierre :                                                                                      
Premier billet : l’origine du mot
" Ô masques, tant attendus, tant espérés,
Objets inanimés, avez-vous donc une âme
qui s’attache à notre âme,
et la force " de nous sauver ?
Puissiez-vous, innombrables cohortes,
Bouter hors des frontières
          Cet Attila moderne qui nous vient des confins de l‘Orient !




Plus prosaïquement ! Que peut-on savoir sur l’origine de masque ? Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il joue à cache- cache avec nous ou qu’il veut se protéger !

Dès l’origine de ce mot, celui-ci est frappé d’une maladie bien connue des linguistes : la polysémie.

1) Quand on consulte un dictionnaire, il est dit que ce mot est emprunté à l’italien maschera « faux visage » , provenant d’un radical bas latin ou préroman « maska » « noir ». Le radical est à l’origine de deux groupes de mots : un type «masca» signifiant «masque» en latin tardif mais surtout «sorcière, spectre, démon», bien représenté en latin médiéval, en Angleterre, en Italie ainsi qu’en provençal
(mascoto : envoûtement , sortilège, ensorcellement au jeu qui a donné « mascotte ».)

Molière, dans Le Malade imaginaire, emploie masque dans le sens de sorcière mais atténué : «femme effrontée». « Ah ! Ah !, petit masque, vous ne me dites pas que vous avez vu un homme…».

De même Gérard de Nerval, dans La Reine des poissons : « Tais-toi, petit masque ! dit Tord-Chêne…Je te connais bien…Tu es la reine des poissons »


Tous ces mots attestent l’étroite association entre l’idée de noirceur et celle de sorcellerie. « Maska est aussi à l’origine d’un type élargi « maskara », très répandu chez les ibères, les catalans ( mascara : tâche noire, salissure). L’’évolution du sens en italien s’explique par le fait que les plus anciens déguisements consistaient à se noircir le visage et parfois le corps, d’où plus tard le mot mascarade c’est-à-dire travesti.

2) Une autre hypothèse est tout aussi séduisante et peut-être plus cohérente : celle d’une origine arabe. En effet il existe une racine qui signifie « rendre ridicule, se moquer ». Et qui a produit les noms maskh et maskhara ; le sens va de « comédie à déguisement à métamorphose », ce qui conduit plus facilement aux masques de carnaval que les sorciers barbouillés de noir. Enfin l’influence arabe explique mieux la forte cohérence entre masque et mascarade. 
Je dirais pour conclure qu’il a pu y avoir, dans l’usage de ce mot, interférence de ces deux racines, l’une italienne issue du bas latin et l’autre de l’arabe.

N.B. Le deuxième billet traitera des différents sens de masque aujourd’hui.
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dimanche 5 avril 2020

Confinement : jour 20


À découvrir :

Présentation de l'éditeur
Déclaration d’amour à la littérature et aux écrivains, hommage passionné à une mère, une œuvre d’une grande délicatesse sur l’extraordinaire capacité des livres à nous ouvrir à l’autre, à guider nos choix de vie, et à insuffler beauté et poésie dans le quotidien le plus difficile.

Qu’est-ce que tu lis en ce moment ? C’est avec cette question que Will Schwalbe brise la glace chaque fois qu’il accompagne sa mère, Mary Anne, à ses séances de chimiothérapie. Car pour lui, éditeur new-yorkais, comme pour elle, fondatrice de la bibliothèque universitaire de Kaboul, lire, c’est le contraire de mourir ; lire, c’est vivre.

John Irving, J. R. R. Tolkien, Khaled Hosseini, Irène Némirovsky, Thomas Mann, Colm Tóibín, Harold Pinter, Maurice Sendak… À travers leurs lectures communes, mère et fils dépassent pudeur et chagrin et échangent sur la famille, l’amour, la mort, la vie, et la magie de ces livres qui nourrissent notre regard sur le monde et nous font goûter, le temps de quelques pages, à une forme d’immortalité.

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samedi 4 avril 2020

Confinement : jour 19


Ci-dessous le retour de deux lectrices confinées qui du coup se passent les livres :

Alice, la fille, (17ans) 

et Marie-Pierre, la mère (quelques années de plus) ont lu 

Songe à la douceur, de Clémentine Beauvais 

conseillé par Marie-Danièle lors du dernier club des lecteurs.


Résumé : Tatiana retrouve dans le métro par hasard son ancien amour de jeunesse, Eugène. 
10 ans se sont écoulés...
Cet ouvrage est librement inspiré du roman d'Alexandre Pouchkine "Eugène Onéguine"


Alice : Clémentine Beauvais joue parfaitement avec la langue française. En tant que narratrice omnisciente, elle raconte une histoire drôle, romantique avec des jeux de suspens et surtout poétique. Le nombre de citations que j'ai relevé dans ce livre ne se compte plus sur les doigts de la main. Je vous invite à vous laisser transporter par le douceur de ce roman.

Marie-Pierre : Ce genre de littérature qui revisite les classiques (lorsque cela est bien amené et c'est le cas ici) apporte un décalage surprenant, drôle et tendre. Clémentine Beauvais joue avec l'écriture : vers, magnifiques calligrammes (cf page 231)...et nous entraîne dans cette réjouissante farandole de mots.

Si vous aimez ce genre littéraire, le roman d'Anne Tyler "Vinegar girl" librement inspiré de la "Mégère apprivoisée" de William Shakespeare est aussi très cocasse.



En résumé, fille et mère ont aimé ce roman, un sympathique partage


  ?
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vendredi 3 avril 2020

Confinement : jour 18

La citation du jour :
                                                   



         "Je lisais, j'écoutais, je regardais. 
       Le monde exigeait ma présence."
                               Henning Mankell                                                      




De lecteur à lecteurs 

Message de Fred :
D'innombrables questions, des doutes surgissent... La seule résolution positive réside dans le confinement et l'adoption de gestes barrières. Il est judicieux à mon sens d'organiser peu à peu cette nouvelle vie pour qu'elle ne devienne pas l'enfer si bien décrit par Jean Paul Sartre dans la pièce de théâtre Huis-clos.

Ces premières semaines de confinement, je les envisage comme une occasion de me ressourcer. La lecture des Essais et une formation désormais à distance me permettent de structurer mes journées, de leur donner du sens. L'erreur dans la gestion de ce temps résiderait dans sa déconstruction, dans la perte des repères temporels.

Prendre des nouvelles des proches par téléphone est une de mes priorités quotidiennes. La solitude dans cette vie en confinement ne peut pas me laisser indifférent.

Dans cet espace restreint qu'est devenu notre espace de vie, mes lectures quotidiennes sont bercées par l'écoute de musiques diverses. N'ayant pas la chance de pouvoir accéder à un jardin, je ne peux désormais qu'imaginer la vie de la nature à travers l'écoute des sons harmonieux, ou pas. Nous avons en effet tous besoin d'une musique dans le cœur pour faire danser nos vies.  
                                                                          
Les livres et la musique sont donc les compagnons indispensables de cette expérience de vie.                                
                                       

J'ai le sentiment que cette période sera une forme de nouveau départ, un passage obligé certes mais un chemin de vie qui va m'apprendre à cheminer autrement.
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jeudi 2 avril 2020

Confinement : jour 17

 La citation du jour :


"On peut être un homme sérieux

Tout en prenant soin de ses ongles."

                          Pouchkine 

                              

Message de Pierre :
La datcha refuge contre le virus !?




Dans les années 1820, une épidémie de choléra obligea Pouchkine à rester en quarantaine à la campagne.





Il écrivait en 1827 : 
« Tout va se calmer, tout va passer ; les douleurs et les angoisses disparaîtront ; ne pas céder à l’obscurité et à la peur ; et le jardin comme avant refleurira »




Cette période de retrait loin de Moscou fut très féconde pour ce poète de l’âme russe, poète pourtant assoiffé de liberté.



Aujourd’hui en Russie c’est l’heure du retour à la vie de famille en petit cercle dans les datchas car la datcha c’est traditionnellement le plan B et le système D de bien des Russes. 






Du temps soviétique les usines et administrations payaient mal. En échange ouvriers et fonctionnaires recevaient gratuitement un lopin de terre en banlieue.
Avec le coronavirus, la datcha est un espace de liberté, d’intimité et de sécurité.
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mercredi 1 avril 2020

Confinement : jour 16


S'inspirer : 

"L'idée du calme est dans un chat assis."
                                                                            Jules Renard                            
                                                                           
   
Une vie de chat d'intérieur



Le chat a besoin d'un espace bien à lui : un petit coin douillet dévolu au repos, au calme. Ça peut être une niche de son arbre à chat, un oreiller replet, un plaid moelleux, un pied de lit, un bout de canapé, en bref, un lieu où se (re)poser.


Le chat a besoin de différents points de vue sur le monde : des piles de livres et des fenêtres, des perspectives renouvelées, qu'il passera des heures et des jours à étudier.

Le chat a besoin que ses humeurs soient prises en considération : que l'on console sa tristesse, qu'on apaise ses angoisses, que l'on calme sa colère, qu'on le laisse savourer ses moments d'ennui.


Pour s'épanouir et stabiliser ses humeurs, le chat a besoin de jouer, de se dépenser : courir, sauter, jouer à cache-cache, tendre des embuscades, s'en prendre au mobilier.


Le chat a besoin que l'on respecte ses rythmes et l'alternance du cycle jour/nuit, repos/activité. C'est un être matinal, sitôt levé, sitôt affamé. Non, la vie d'un chat d'intérieur n'est pas un long fleuve tranquille, même si les trois quarts du temps, il est vautré dans les bras de Morphée.


Le chat vit d'eau fraîche et de repas légers. Il a tout compris aux ravages de la sédentarité. Un sujet à méditer.


Le chat fignole sa toilette : souple, gracieux, le chat prend soin de son pelage parce que c'est nécessaire à sa bonne santé.


Le chat pratique une sociabilité mesurée. Les gestes barrières, il connaît.


Le chat d'intérieur s'aventure de temps à autre à l'extérieur. Le chat d'intérieur pressent que, pour sa sécurité, il ne doit pas dépasser un périmètre restreint. Quelques brèves sorties lui permettent de se dégourdir les pattes et/ou de chasser le mulot.

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