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samedi 17 octobre 2020

Printemps des poètes, énigme d'automne



 Vous en souvenez-vous ? 

Le thème du Printemps des Poètes 2020 était Le courage.

 Il y eut des concours de poésie organisés un peu partout sur le territoire. Eh bien, un des textes gagnants a été écrit par un membre de Je lis Tu lis.

Qui donc ?

On vous laisse deviner... Vous aurez la réponse la semaine prochaine. En attendant, voici ce poème, au titre de circonstance :


«Médusé»


Ô souffles livides Ô souffles intrépides !

Mille lieux sous eaux, j'appelle mille coraux,

Sous cette vague, mener guerre je décide !

Dans la tourmente mon âme coule en cette eau.


De sel humide étaient remplis mes yeux livides

Toute mon âme lui implorait sa pitié.

Mais rien n'y fit. Et de son visage perfide,

Hélas ! De foudres obscures je fus touché.


Moi, reflet sombre du miroir noir, je suis monstre.

Dans la clarté noire du sommeil de mes nuits

De la pénombre je sors, et je me démontre.

De l'enfer de Dante, je les ai accueillis,


Les anguilles pétillantes et éthérées,

Se languissent sur mes notes passées. Ardentes,

Elles percent les vagues, brûlent les péchés,

Et brisent les âmes de leurs perles sanglantes.


Et je combats sur l'eau, tel un noir bataillon,

Leurs tempêtes brumeuses suantes des eaux.

Sur mon navire, je perce leurs noirs haillons.

Gisant aux abysses, ils rampent sur mes mots.


Du pécheur originel j'ai été piqué,

De la beauté ensorcelante vous verrez.

Du mont Atlas, de la fleur du mal je suis né,

Et par mon regard noir, vous serez Médusé.

® Tous droits réservés

jeudi 15 octobre 2020

Je lis Tu lis : les retrouvailles (2ème partie)

 Littérature fantastique, récits de vie, prix littéraire et livres plus anciens, voilà le programme.



Et d’abord, une belle découverte - le prix Inter 2020 - un récit qui est le touchant hommage d’une jeune femme à son père disparu :

Avant que j’oublie, de Anne Pauly

Il y a d'un côté le colosse unijambiste et alcoolique, et tout ce qui va avec : violence conjugale, comportement irrationnel, tragi-comédie du quotidien, un « gros déglingo » [...], un vrai punk avant l'heure. Il y a de l'autre le lecteur autodidacte de spiritualité orientale, à la sensibilité artistique empêchée, déposant chaque soir un tendre baiser sur le portrait pixellisé de feue son épouse[...].

Il y a enfin [...] la maison délabrée [qui] devient un réseau infini de signes et de souvenirs pour sa fille qui décide de trier méthodiquement ses affaires. Que disent d'un père ces recueils de haïkus, auxquels des feuilles d'érable ou de papier hygiénique font office de marque-page ? Même elle, sa fille, la narratrice, peine à déceler une cohérence dans ce chaos.

Et puis, un jour, comme venue du passé, et parlant d'outre-tombe, une lettre arrive, qui dit toute la vérité sur ce père aimé auquel, malgré la distance sociale, sa fille ressemble tant.


Marie-Danièle : C’est un livre émouvant, superbement écrit, avec un jeu sur les niveaux de langue, un sens du détail et de la nuance très beaux. Il y a des passages magnifiques, à la grâce mélancolique bouleversante. J’ai beaucoup aimé cet hommage à ce père pas facile, ce portrait lucide mais aimant. Cette histoire de famille partie à vau-l’eau, le courage des uns et des autres, les renoncements, la violence parfois, mais aussi l’incroyable tendresse de cette fille pour son père et la profonde humanité de ce récit.

Anne : Ce qui est beau, c’est que cette femme accepte de ne pas tout comprendre. C’est brut de décoffrage. Ça remue.



Lettres d’amour sans le dire, Amanda Sthers

Alice a 48 ans, c’est une femme empêchée, prisonnière d’elle-même, de ses peurs, de ses souvenir douloureux (origines modestes, native de Cambrai, séduite et abandonnée, fille-mère, chassée de chez elle, cabossée par des hommes qui l’ont toujours forcée ou ne l’ont jamais aimée). Ancienne professeur de français, elle vit dans ses rêves et dans les livres auprès de sa fille, richement mariée et qui l’a installée près d’elle, à Paris.


Tout change un beau jour lorsque, ayant fait halte dans un salon de thé, Alice est révélée à elle-même par un masseur japonais d’une délicatesse absolue qui la réconcilie avec son corps et lui fait entrevoir, soudain, la possibilité du bonheur.


Cet homme devient le centre de son existence  : elle apprend le japonais, lit les classiques nippons afin de se rapprocher de lui. Enfin, par l’imaginaire, Alice vit sa première véritable histoire d’amour. Pendant une année entière, elle revient se faire masser sans jamais lui signifier ses sentiments, persuadée par quelques signes, quelques gestes infimes qu’ils sont réciproques.


Le jour où elle maîtrise assez la langue pour lui dire enfin ce qu’elle ressent, l’homme a disparu...
D’où la lettre qu’elle lui adresse, qui lui parviendra peut-être, dans laquelle elle se raconte et avoue son amour.

Marie-Danièle : Très belle surprise que ce court roman. Un texte parfois cru et sombre mais aussi lumineux et délicat, tel l’art du kintsugi, consistant à réparer les objets avec de la poudre d’or pour souligner la patine du temps et la beauté des failles.


À Découvrir :

Kintsugi : l’art de la résilience, Céline Santini

Réparer ses blessures - apprendre la résilience - la métaphore de l'art japonais de la réparation des céramique grâce à la soudure d'or. Le kintsugi, qui signifie littéralement "jointure en or", est un art japonais ancestral qui invite à réparer un objet cassé en soulignant ses cicatrices de poudre d'or. Souvent perçu comme une forme d'art-thérapie pour accompagner la résilience, l'art du kintsugi suit un cérémonial lent et minutieux, qui requiert patience et concentration. Jour après jour, semaine après semaine, étape par étape, l'objet sera nettoyé, pansé, soigné, guéri et sublimé.

Enrichi de contes, de conseils et d'exercices pratiques, cet ouvrage vous accompagne dans votre processus de guérison, que vos blessures soient physiques ou émotionnelles, avec les différentes étapes traditionnelles de la réalisation d'un kintsugi.


Le Pays des autres, Leila Slimani

Nathalie : Une jeune femme alsacienne rencontre un Marocain. Après la guerre, ils partent s’installer au pays. Ils ont deux enfants, mènent une vie rude, marquée par l’émancipation des femmes et l’arrivée de l’Indépendance. Ce roman pose la question de la loyauté à ses origines, de ce que c’est qu’être un héros non reconnu quand on s’est battu pour la France.

J’ai beaucoup aimé ! La fin est étonnante et l’écriture très belle.

Claudine : J’ai été déçue par la fin mais je le recommande quand même.


Les choix de Mathéïs

Ode au vent d’Ouest suivi de Adonaïs et autres poèmes, de Percy B. Shelley

Virtuosité du rythme et de la syncope, richesse du langage : la voix singulière de Percy Bysshe Shelley demeure l'une des plus belles et des plus fascinantes de la poésie anglaise. Ode au vent d'Ouest et le long poème visionnaire à la mémoire de John Keats, Adonaïs, comptent parmi les œuvres les plus importantes du romantisme anglais.

Mathéïs : J’ai beaucoup aimé Frankenstein, de Mary Shelley. Ça m’a donné envie de lire ce recueil de poésie. Il a été écrit par son mari : Percy Shelley. Il faut savoir que Percy Shelley va mourir très jeune, au cours d’une traversée en mer.

Ce recueil est joli, profond. Je vous recommande le poème « La mascarade de l’anarchie »


Le Pays d’octobre, de Ray Bradbury

"Le pays d'octobre... ce pays où tout se transforme toujours en fin d'année. Ce pays où les collines sont brouillards et où les rivières sont brumes ; où les midis disparaissent rapidement, où les crépuscules et la pénombre s'attardent, où les minuits demeurent. Ce pays, essentiellement constitué de caves, de cryptes sous les caves, de coffres à charbon, de cabinets, de mansardes, de placards et de garde-manger orientés à l'opposé du soleil. Ce pays dont les habitants sont gens d'automne, aux pensées uniquement automnales, aux pas qui évoquent le bruit de la pluie quand ils arpentent les rues vides la nuit..." On retrouve dans ce recueil de nouvelles toute la poésie et la nostalgie qui ont fait la marque de Bradbury.

Mathéïs : Ce sont des nouvelles mais l’auteur les considère comme des fables. C’est de la SF poétique, avec des phrases longues très jolies. Il y a des nouvelles très touchantes, telles que « Le Nain ». « Le Jeton de poker » est une nouvelle très drôle et poignante : qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour se faire accepter par la société ?


Suite et fin demain.

Où il sera enfin question d'écrevisses, de fleurs de cimetière 

Et aussi d'un ancien prix Goncourt...

® Tous droits réservés

mercredi 14 octobre 2020

Je lis Tu lis : les retrouvailles (1ère partie)

 Après de trèèèèèèèèès longs mois d’absence, revoici Je lis Tu lis. Nous étions huit autour de la table, le samedi 3 octobre, pour reprendre le fil de nos échanges autour de nos lectures.


Une fois encore le constat s’impose : trop souvent, le lecteur est une lectrice. Et c’est bien dommage parce que ce qu’on aime à Camus, c’est la pluralité, les différences enrichissantes. Tous les profils sont les bienvenus : hommes, femmes, jeunes, moins jeunes, de toutes origines, de tous horizons. Qu’il s’agisse de nous parler de vos lectures ou simplement d’écouter ce que les autres participants ont à dire sur les leurs, c’est comme vous le souhaitez !

📕📕📕📕📕📕

Avez-vous lu Franck Thilliez ?

Cet auteur semble prendre un malin plaisir à jouer avec les nerfs de ses lecteurs. Et vous, trouverez-vous le fin mot de l'histoire ?

  • En 2018, Franck Thilliez publie Le Manuscrit inachevé 

Aux alentours de Grenoble, une voiture finit sa trajectoire dans un ravin après une course-poursuite avec la douane. Dans le coffre, le corps d'une femme. A la station-service où a été vu le conducteur pour la dernière fois, la vidéosurveillance est claire : l'homme n'est pas le propriétaire du véhicule.

Léane Morgan et Enaël Miraure sont une seule et même personne. L'institutrice reconvertie en reine du thriller a toujours tenu sa vie privée secrète. Sa vie ? Un mariage dont il ne reste rien sauf un lieu, L'Inspirante, villa posée au bord des dunes de la Côte d'Opale, et le traumatisme de l'enlèvement de sa fille Sarah. L'agression soudaine de son mari va faire resurgir le pire des quatre années écoulées.

Dans le vent, le sable et le brouillard, une question parmi d'autres se pose : vers qui, vers quoi se tourner, quand l'unique vérité est que tout vous devient étranger ?


  • En 2020, Il était deux fois 

En 2008, Julie, dix-sept ans, disparaît en ne laissant comme trace que son vélo posé contre un arbre. Le drame agite Sagas, petite ville au cœur des montagnes, et percute de plein fouet le père de la jeune fille, le lieutenant de gendarmerie Gabriel Moscato. Ce dernier se lance alors dans une enquête aussi désespérée qu'effrénée.

Jusqu'à ce jour où ses pas le mènent à l'hôtel de la Falaise... Là, le propriétaire lui donne accès à son registre et lui propose de le consulter dans la chambre 29, au deuxième étage. Mais exténué par un mois de vaines recherches, il finit par s'endormir avant d'être brusquement réveillé en pleine nuit par des impacts sourds contre sa fenêtre…

Dehors, il pleut des oiseaux morts. Et cette scène a d'autant moins de sens que Gabriel se trouve à présent au rez-de-chaussée, dans la chambre 7. Désorienté, il se rend à la réception où il apprend qu'on est en réalité en 2020 et que ça fait plus de douze ans que sa fille a disparu...


  • Les avis

Fred-la-bibliothécaire : "Thilliez dépote. Waouah, cette fois-ci il arrive à imbriquer deux bouquins : Il était deux fois et Le Manuscrit inachevé. Entre la peinture et l'écriture, il existe un autre art ... déroutant, diabolique, impensable... Bravo Thilliez ! "

Claudine - elle précise d’emblée qu’elle a joué le jeu de l’auteur et qu’avant de lire la fin d’Il était deux fois, elle s’est précipité sur Le Manuscrit inachevé. Elle a été bien bluffée :

"C’est très TRÈS bien ! Y’a des gens complètement tordus… c’est effrayant par moments. Je le conseille."

Nathalie : "la construction est étonnante."

Elle brandit une fine liasse de feuilles A4 : "J’ai deviné la fin !"

Oh ?!


Les lectures de Nicole P. : du petit roman léger à des histoires angoissantes, et une fameuse trilogie à (re)découvrir

  • La vie en ose, de Lisa Azuelos

Alice, 53 ans, fraîchement divorcée, vient de voir sa fille, la petite dernière, quitter la maison. Elle décide d’entamer un nouveau chapitre de sa vie. Elle doit se faire engager comme styliste d’intérieur, son rêve depuis toujours. Mais rien ne se déroule comme prévu, et elle se retrouve vendeuse dans une boutique de déco. Après un week-end de déprime passé à binger sur son canapé, le cheveu gras, elle décide qu’elle alignera sa nouvelle vie sur le mantra de Walter White, le héros de Breaking Bad : « L’ennemi, c’est la peur. » À partir de maintenant, elle sera celle qu’elle n’a jamais osé être : elle-même.

Nicole : "un bon petit roman si vous êtes fatigué. C’est vite lu et c’est sympa !"

Claudine : "pour la version people, Lisa Azuelos est la fille de Marie Laforêt."

Je lis Tu lis, en cœur : "Ah ?!!!!!"


  • Les Fleurs de l’ombre, Tatiana de Rosnay

La romancière Clarissa Katsef quitte son mari à la suite d’une découverte qui l’a profondément bouleversée et peine à trouver un nouveau toit. La chance semble tourner lorsqu’elle est admise, contre toute attente, dans la très convoitée résidence pour artistes CASA. Mais est-ce vraiment une chance ?

Nicole : "Tatiana de Rosnay aime bien les maisons ! Là, c’est l’histoire d’une romancière qui a du mal à écrire. Elle loue un appartement dans une résidence d’artistes. À partir de là il va se passer plein de choses bizarres, parce que tout est connecté : l’appartement, l’assistant qu’on lui a fourni. Ça tourne à l’angoisse. On est dans un monde virtuel inquiétant.

J’ai eu un peu de mal à rentrer dedans mais c’est agréable finalement."

Pour aller plus loin :

https://www.lavoixdunord.fr/731293/article/2020-03-25/le-nouveau-roman-de-tatiana-de-rosnay-etait-il-premonitoire


  • Et les vivants autour, Barbara Abel

Cela fait quatre ans que la vie de la famille Mercier est en suspens. Quatre ans que l’existence de chacun ne tourne plus qu’autour du corps de Jeanne, vingt-neuf ans. Un corps allongé sur un lit d’hôpital, qui ne donne aucun signe de vie, mais qui est néanmoins bien vivant. Les médecins appellent cela un coma, un état d’éveil non répondant et préconisent, depuis plusieurs mois déjà, l’arrêt des soins. C’est pourquoi, lorsque le professeur Goossens convoque les parents et l’époux de Jeanne pour un entretien, tous redoutent ce qu’ils vont entendre. Ils sont pourtant bien loin d’imaginer ce qui les attend. L’impensable est arrivé. Le dilemme auquel ils sont confrontés est totalement insensé et la famille de Jeanne, en apparence si soudée, commence à se déchirer autour du corps de la jeune femme…

Nicole : " Ça c’est très intéressant ! On voit la vie des proches de la jeune femme dans le coma, la réaction de chacun, en fonction de sa personnalité et du rapport qu’il avait avec Jeanne. Ça rappelle des affaires qui ont fait l’actualité.

Va-t-on arrêter le traitement ou pas ? Que s’est-il passé ? Suspense garanti ! "


La trilogie de Jim Fergus :

Malgré les incitations répétées de Roger, Nicole P. a longtemps rechigné à lire le fabuleux

  • Mille femmes blanches (2000)

En 1874, à Washington, le président Grant accepte la proposition incroyable du chef indien Little Wolf : troquer mille femmes blanches contre chevaux et bisons pour favoriser l'intégration du peuple indien. Si quelques femmes se portent volontaires, la plupart viennent en réalité des pénitenciers et des asiles... l'une d'elles, May Dodd, apprend sa nouvelle vie de squaw et les rites des Indiens. Mariée à un puissant guerrier, elle découvre les combats violents entre tribus et les ravages provoqués par l'alcool. Aux côtés de femmes de toutes origines, elle assiste à l'agonie de son peuple d'adoption...

Ce que Nicole en a pensé : "J’ai longtemps tardé à le lire. Eh bien c’est agréable, dépaysant. J’ai beaucoup aimé, finalement. Surtout le premier tome."


Pour info, un petit résumé des tomes suivants :

  • La Vengeance des mères (2016)

Deux sœurs, parmi les Mille femmes blanches, Margaret et Susan Kelly, traumatisées par la perte de leurs enfants et par le comportement sanguinaire de l'armée, refusent de rejoindre la « civilisation ». Après avoir trouvé refuge dans la tribu de Sitting Bull, elles vont prendre le parti du peuple indien et se lancer, avec quelques prisonnières des Sioux, dans une lutte désespérée pour leur survie.



  • Les Amazones (2019)

Elles étaient mille femmes blanches, troquées jadis par le chef Little Wolf contre autant de chevaux. Après la bataille de Little Big Horn, quelques survivantes décident de prendre les armes contre l'État américain, accapareur de terres et massacreur d'une culture séculaire. Cette tribu fantôme d'amazones, guerrières indomptables, insoumises et rebelles, va passer dans la clandestinité pour livrer une bataille implacable, qui se poursuivra de génération en génération...


... La suite dans un prochain article


On y parlera du Prix Inter 2020


d’histoires de fleurs de cimetière 


d’écrevisses, 


et de rénovations à la feuille d’or...

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jeudi 1 octobre 2020

Club des lecteurs : le Retour


Je lis Tu lis, c'est reparti !

samedi 3 octobre 2020 à 10 h


 Il sera question de nos petits et grands coups de cœur ou de gueule,

de tous ces livres qui nous ont tenu compagnie ces derniers mois,

            des (in)contournables de cette rentrée,

                                                 de mille et un sujets... 

Il sera question de romans, de polars, d'histoires vécues

                                                              de romans historiques ou du terroir

bref,

de toutes sortes de livres...

             ... d'une petite lettre...

                          ... et de quelques nouveautés...


Comme à chacune de ces rencontres mensuelles

la matinée filera à toute allure

parce que, mine de rien, qu'est-ce qu'on peut bavarder !

® Tous droits réservés

samedi 4 avril 2020

Confinement : jour 19


Ci-dessous le retour de deux lectrices confinées qui du coup se passent les livres :

Alice, la fille, (17ans) 

et Marie-Pierre, la mère (quelques années de plus) ont lu 

Songe à la douceur, de Clémentine Beauvais 

conseillé par Marie-Danièle lors du dernier club des lecteurs.


Résumé : Tatiana retrouve dans le métro par hasard son ancien amour de jeunesse, Eugène. 
10 ans se sont écoulés...
Cet ouvrage est librement inspiré du roman d'Alexandre Pouchkine "Eugène Onéguine"


Alice : Clémentine Beauvais joue parfaitement avec la langue française. En tant que narratrice omnisciente, elle raconte une histoire drôle, romantique avec des jeux de suspens et surtout poétique. Le nombre de citations que j'ai relevé dans ce livre ne se compte plus sur les doigts de la main. Je vous invite à vous laisser transporter par le douceur de ce roman.

Marie-Pierre : Ce genre de littérature qui revisite les classiques (lorsque cela est bien amené et c'est le cas ici) apporte un décalage surprenant, drôle et tendre. Clémentine Beauvais joue avec l'écriture : vers, magnifiques calligrammes (cf page 231)...et nous entraîne dans cette réjouissante farandole de mots.

Si vous aimez ce genre littéraire, le roman d'Anne Tyler "Vinegar girl" librement inspiré de la "Mégère apprivoisée" de William Shakespeare est aussi très cocasse.



En résumé, fille et mère ont aimé ce roman, un sympathique partage


  ?
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vendredi 20 mars 2020

Confinement : Jour 4 - Le printemps revient, le blog des lecteurs aussi

Déjà / seulement le 4ème jour de confinement

Pour accompagner ces temps difficiles, le blog des lecteurs proposera chaque jour une idée de lecture, une citation, un poème, un texte, une image, des liens de toutes sortes pour entretenir le lien.
La citation du jour :
"Choisir de subir, ce n'est pas subir."
Marie Stuart

® Tous droits réservés

Je lis Tu lis : le virus de la lecture est intact


Ce samedi matin, une dizaine de personnes étaient présentes. Plus de bises ni de poignées de main - risque de contamination oblige. Mais toujours le même plaisir de partager nos découvertes et coups de cœur.
                                                                     📕

Frédérique nous informe que Nicole P, absente, a lu et adoré
Un petit carnet rouge, de Sofia Lundberg.
Une vieille dame confie à sa petite-fille un carnet dans lequel elle raconte son histoire.
"C'est drôle, émouvant, on est surpris. Une petite perle !"


A lu aussi Ce que tu as fait de moi, de Karine Giébel. Elle s'attendait à un polar  "classique" et a été (agréablement) déroutée par cette histoire bâtie autour de deux personnages : un commandant et sa jeune recrue. Ils sont soumis à un interrogatoire... Pourquoi ? On n'en découvrira la raison qu'à la fin du roman. 



Claudine : "Je l'ai lu et j'ai adoré ! C'est l'histoire d'une passion. Ça va crescendo - c'est passionnant et addictif ! L'analyse des personnages est excellente. Il y a plusieurs niveaux de lecture, c'est vraiment très très bien ! Je lui mets 5 étoiles !!!
Karine Giebel, c'est une autre manière d'écrire le polar."

Une lectrice recommande Meurtres pour rédemption, qui traite de l'univers carcéral. Est très bien écrit, et pas du tout sanglant (petit clin d’œil aux lecteurs "hémoglophobes" du groupe).

📕

Nathalie a adoré Par les routes, de Sylvain Prudhomme : 
"C'est une façon de voir la vie et de rencontrer les gens, sans but, sans attentes particulières. Simplement être hors-cadre et lâcher prise. La fin est bien, même si elle est cousue de fils blanc. Je peux comprendre qu'on ait du mal à rentrer dans cette histoire : le rythme est lent, il y a peu de personnages, pas d'action - mais il y a un peu de suspense."

Nathalie n'est pas rentrée dans L'été meurt jeune, qu'elle a renoncé à finir. Ce roman lui a rappelé Leurs enfants après eux, de Nicolas Mathieu. Christine : "Ce sont des histoires tristes."


                                    
  📕
Retour sur le cas Tesson
(auteur dont la personnalité et le style divisent - comme nous l'avons déjà évoqué.)

Fred-le-lecteur a lu La Panthère des neiges : "C'est bien mais il se regarde écrire."
Anne : "Il y a une atmosphère. On y est bien."
Claudine : "Je suis allée au Tibet et j'ai retrouvé les paysages."
Anne : "On verra dans quelques mois si on s'en souvient."                
📕

Christine a beaucoup aimé : 
Six ans à t'attendre, de Delphine Giraud : "Je me suis identifiée à la jeune femme ! Je suis tout de suite rentrée dans cette histoire, où toute une famille enquête. Comme il avait déjà été question de ce livre et de son démarrage un peu lent, je n'ai pas été gênée par cet aspect. C'est très bien écrit."

Une joie féroce, de Sorj Chalandon : "J'ai été touchée par le sujet. Ça m'a parlé. Ce livre permet de comprendre ce que peuvent ressentir les personnes atteintes d'un cancer, de comprendre leurs réactions."

Millésime 54, d'Antoine Laurain : "Un roman tendre, drôle, qui invite le lecteur à voyager dans ses rêves."
L'histoire : "Quatre personnages se retrouvent dans un immeuble. Trois d'entre eux délivrent le quatrième qui est enfermé dans une cave. En remerciement, il  leur offre une bouteille. Un millésime 54. En le buvant, ils vont replonger dans cette année-là. 
Un roman délicieux, qui fait du bien."
📕

Si le dernier roman de Karine Giébel a suscité l'enthousiasme de Claudine, elle a été nettement moins passionnée par ces deux autres livres :

Miss Islande, d'Audur Ava Olafsdottir : "Bon, bon...d'accord... C'était une autre époque, l'héroïne se défend, ok... mais bon... voilà."

Civilization, de Laurent Binet, commenté dans un grand soupir : "Je m'ennuie à mourir.
Je viens de le commencer, je n'en suis qu'au début. Comment dire ? ... C'est  l'Histoire à l'envers, qui répond à la question : que se serait-il passé si les vainqueurs avaient été les vaincus ? C'est loufoque mais vraiment j'ai du mal à avancer."



Les coups de cœur de Mathéis :


Chroniques martiennes, de Ray Bradbury : "Super intéressant. Beaucoup de références à ses romans."
Frankenstein, de Mary Shelley : "Livre écrit en trois jours, en 1816. L'histoire est très belle. Et ce n'est pas du tout celle qu'on croit connaître : le savant n'est pas fou, la créature n'est pas si monstrueuse. Il s'agit d'un roman épistolaire."
Dracula, de Bram Stoker : "Beaucoup mieux que le film [de Francis Ford Coppola]. Il y a plus d'intrigues. Très prenant : on a pas envie de le finir."

📕
Les pépites de Marie-Pierre :                                                                                                 

Né d'aucune femme, de Franck Bouysse : "Excellent. On comprend beaucoup de choses à la fin. Du coup, j'ai relu le début parce que ça permet de recoller les morceaux. Est-ce qu'il y en a parmi vous qui ont aussi ressenti ce besoin ?
(La réponse est oui.)
Elle poursuit : "Ça peut paraître un peu noir mais c'est aussi l'histoire d'une femme qui se bat, qui veut s'en sortir."                          


Sang chaud, nerfs d'acier, d'Arto Paasilinna :                                                                                                                                                                                "Merci de m'avoir fait découvrir cet auteur. Il emploie une écriture vive, joyeuse, pour traiter des thèmes durs. C'est excellent ! Très contente de cette découverte."
                                                                                                                          
Cinq matins de trop, de Kenneth Cook :  

"Ça se passe en Australie, on découvre la vie des paysans du fin fond du pays. C'est sombre. 
Mais à lire. 

Je me souviendrai toute ma vie de la chasse aux kangourous !"                                                                                                             
                                           📕
                                                                               
Fred-le-lecteur : "Dans la même veine, il y a l'excellentissime Piège nuptial, de Douglas Kennedy. 
Je le recommande à toutes les personnes qui n'aiment pas en leur disant :
- Tu n'aimes pas lire ? Eh bien lis celui-là !"
📕

Les coups de cœur de Frédérique : 



Petit frère, d'Alexandre Seurat :" Très belle écriture. Ce roman aurait pu être classé en vécu parce qu'il s'agit de la propre histoire de l'auteur. Il parle de son petit frère un peu bohème, décédé. Seurat culpabilise trop, il se reproche d'avoir soutenu son père. 
Une histoire familiale avec beaucoup de non-dits."                             


Un autre jour, de Valentin Musso :"C'est un polar. C'est l'histoire d'un type qui a toujours tout fait par lui-même. Sa riche épouse, en séjour chez ses parents, est retrouvée morte sur une plage. Le mari est troublé parce qu'il en a rêvé la nuit où le drame a eu lieu. La nuit suivante, rêve encore de sa femme, de la plage, et aperçoit même le meurtrier. Il décide de partir chez ses beaux-parents  en se disant qu'il est peut-être encore temps de sauver sa femme... Je n'en dis pas plus sauf qu'à la fin, on se dit qu'avec les progrès de la recherche médicale, ça pourrait arriver."
📕
Danielle a apprécié :
La Part des flammes, de Gaëlle Nohant
Ce roman historique parle de l'incendie du Bazar de la Charité, en 1897.
"On voit comment les femmes ne pouvaient rien faire sans leur mari. 
Est-ce que c'est "bien écrit" ?
Je ne sais pas ce que ça veut dire, mais j'ai trouvé ça facile à lire, agréable."


Les choix de Kiki :

Dr Dolittle, de Hugh Lofting : "J'ai beaucoup apprécié le côté aventure et voyage de la dernière chance. C'est très abordable, très bien écrit. Peut être lu à partir de 9 ans."

Tsipora et le vengeur de sang, de Rachel Hausfater : "Une jeune fille des temps bibliques rencontre un jeune homme qui pense avoir tué quelqu'un. La jeune fille mène l'enquête afin de prouver l'innocence du jeune homme. C'est un roman court, d'aventure, d'enquête.

L'île des neufs, de Laurel Snyder : "Il m'a fait frissonner d'émotions aussi bien positives que négatives.
C'est une île où il ne peut y avoir que 9 orphelins à la fois. Si un arrive, un doit partir. Un jour, ils se retrouvent à 10. Problème...
Ce livre est une belle leçon. Ça fait quelque chose ! Un livre qui peut faire réfléchir les enfants d'aujourd'hui qui ont tout."


📕

Marie présente un petit bijou :
Songe à la douceur, de Clémentine Beauvais                                                   
Ce livre, pioché dans le fond ado, est inspiré du roman en vers de Pouchkine : Eugène Onéguine
Clémentine Beauvais l'a adapté à l'époque contemporaine tout en conservant la forme.
"Surtout, ne vous laissez pas  arrêter par la forme - qui peut déstabiliser. Acceptez de donner sa chance à ce livre, au moins sur 20 pages, parce que vraiment, c'est une réussite. On peut aussi se laisser porter par le rythme - comme pour une chanson, ça coule tout seul. 

Une jeune femme croise dans une rame de métro, un homme qu'elle a beaucoup aimé quand elle était ado... Il est question d'amour, de rendez-vous manqués, de souvenirs mitigés, de hontes, de regrets. C'est un roman original, malicieux, intelligent, drôle, poignant."
                                                                             
                                                                                 📕      
     
Fred-le-lecteur demande à Marie si elle a des suggestions de livres piochés dans le fonds Bien-être.
Les voici :
Remèdes à la mélancolie, d'Eva Bester

J'ai choisi la dépression : la méthode infaillible pour ne plus jamais se relever de son canapé, de Dana Eagle


 

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