Affichage des articles dont le libellé est Clémentine Beauvais. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Clémentine Beauvais. Afficher tous les articles

mercredi 25 novembre 2020

Un roman ado enchantant : Âge tendre, de Clémentine Beauvais




C'est une pépite de la collection Exprim

Un esprit vintage ET actuel, comme un vinyle

Un clin d'œil tendre à une époque tapageuse

C'est yéyé et stylé

Ça serait dommage de passer à côté !




Présentation de l'éditeur :

La Présidente de la République l'a décidé : tout élève doit faire, entre sa troisième et sa seconde, une année de service civique

Valentin n'a pas de chance : ses vœux ne sont pas respectés, et il est envoyé dans le Pas-de-Calais, dans un centre pour personnes âgées atteintes d'Alzheimer, minutieusement reconstitué pour ressembler à un village des années 60

Sa première mission semble assez simple : écrire une lettre à une pensionnaire qui a répondu à un concours dans un Salut les Copains de 1967, pour lui annoncer que, malheureusement, Françoise Hardy ne va pas pouvoir venir chanter pour elle. 

Sauf que c'est difficile d'annoncer une telle mauvaise nouvelle. Alors il annonce l'inverse. Françoise Hardy viendra !


Ce roman ressemble aux films de Jacques Demy : apparemment joyeux, pétillant, mais pas si léger que ça et certainement jamais superficiel.

Le roman s'ouvre sur une circulaire de l'Éducation nationale détaillant les modalités et enjeux du serci.

Connaissez-vous le serci ?

Il s'agit du Service Civique, un stage obligatoire d'une durée d'1 an, entre la fin de la 3ème et l'entrée en seconde. Les élèves sont censés recevoir une affectation qui prend en compte leurs centres d'intérêt ainsi que leurs aptitudes. Ils peuvent se retrouver dans n'importe quelle région de France mais ils sont pris en charge par l'État qui leur offre un hébergement. Un éducateur chapeaute chaque petite communauté (constituée d'une 1/2 douzaine de stagiaires).

Au cours de cette année un peu particulière, les élèves sont priés de rédiger un compte rendu de 30 pages environ, détaillant leurs observations et acquisitions en termes de "savoir-être" et "savoir-faire".

Valentin : un stagiaire atypique, drôle et attendrissant

Qu'il est attachant, ce Valentin multi-phobique, très arrêté sur ses points de vue et tourmenté par les effets de son hypocondrie ! Un gars mal en point dans une situation familiale qui le hérisse.

On découvre un ado replié sur lui-même, qui ne regarde pas vraiment les personnes autour de lui, qui a de grosses difficultés avec les interactions sociales, qui est très ritualisé.

On se doute que ça va être "compliqué" pour lui, ce fameux serci !


L'Unité Mnémosyne : un EHPAD qui fait comme si...

Valentin est affecté à l'Unité Mnémosyne des Hauts-de-France, à Boulogne-sur-Mer, fort loin d'Albi et de son Occitanie natale. Il s'agit d'un Ehpad pour personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer. Les résidents se voient offrir un cadre de vie qui reproduit à l'identique celui de leur jeunesse.

Un rapport de stage circonstancié

Valentin va "s'approprier" son serci – c'est le moins que l'on puisse dire : au lieu de la trentaine de pages attendues, il rend un document de 378 pages (il a un peu "dépassé"- précise-t-il, très ingénu).

Prenant au mot les instructions bureaucratiques de la circulaire, il va "se développer en développant des compétences de tous ordres". Alors il raconte, avec de moins en moins de naïveté et de plus en plus de vocabulaire.


Une expérience originale

Compte tenu de la personnalité carrée et introvertie du jeune homme, de ses multiples angoisses, attaques de panique et de sa peur des "personnalités non conventionnelles", on se dit que cette histoire a déjà un gros potentiel. On se doute que Valentin va évoluer, que les situations, les péripéties vont entraîner de sacrés changements.

Il va découvrir Françoise Hardy, les années 60-70, les robes Courrèges, les films de Jacques Demy : toute une époque nettement plus colorée et joyeuse – du moins pour ce que l'Unité Mnémosyne choisit d'en montrer.



En attendant Françoise Hardy

Valentin va se lier profondément avec sa tutrice, 

le Dr Sola.


Il va apprendre à jouer de la guitare.

      Il va se travestir,

                 s'exposer,

                           se mettre à chanter

                                    et à enchanter le quotidien de ses colocs 

                                             tout comme celui des pensionnaires de Mnémosyne.

Il va découvrir le travail d'écriture,

                   la nécessité d'être capable de nommer,

                                                                      de décrire,

                                                                                    de faire des choix narratifs.


Avide de beauté, de fidélité, de confiance, de stabilité et d'engagement,

il va se former en s'appuyant :

              sur sa découverte de la Françoise Hardy des années 60 (Elle sera sa muse et son maître de vie)

              sur la mémoire d'une époque disparue (merci YouTube et l'INA),

              sur de vieilles personnes en fin de vie, à la mémoire incertaine

              sur des décors : tout un monde factice censé apaiser les résidents.


Mais à la fin de cette histoire, 

             Valentin aura appris à faire la part des choses et des situations 

             et à tenir compte de la complexité des relations humaines. 

             Une belle sortie de chrysalide.


"Souvenirs, souvenirs"

Mais non ! Ce n'est pas un livre passéiste ! Non ce n'était pas forcément "mieux avant". Et Clémentine Beauvais aborde des thèmes très contemporains : les questions de genre, les familles recomposées, l'importance des réseaux sociaux, la société des apparences et des normes.


"C'est extra"

Âge tendre est un roman tout à la fois solaire et grave, subtile et tendre, beau et triste. Comme une chanson de Françoise Hardy.

C'est un roman addictif, pétillant, malicieux, intelligent, drôle. Comme un roman de Clémentine Beauvais.

L'auteure

® Tous droits réservés

samedi 4 avril 2020

Confinement : jour 19


Ci-dessous le retour de deux lectrices confinées qui du coup se passent les livres :

Alice, la fille, (17ans) 

et Marie-Pierre, la mère (quelques années de plus) ont lu 

Songe à la douceur, de Clémentine Beauvais 

conseillé par Marie-Danièle lors du dernier club des lecteurs.


Résumé : Tatiana retrouve dans le métro par hasard son ancien amour de jeunesse, Eugène. 
10 ans se sont écoulés...
Cet ouvrage est librement inspiré du roman d'Alexandre Pouchkine "Eugène Onéguine"


Alice : Clémentine Beauvais joue parfaitement avec la langue française. En tant que narratrice omnisciente, elle raconte une histoire drôle, romantique avec des jeux de suspens et surtout poétique. Le nombre de citations que j'ai relevé dans ce livre ne se compte plus sur les doigts de la main. Je vous invite à vous laisser transporter par le douceur de ce roman.

Marie-Pierre : Ce genre de littérature qui revisite les classiques (lorsque cela est bien amené et c'est le cas ici) apporte un décalage surprenant, drôle et tendre. Clémentine Beauvais joue avec l'écriture : vers, magnifiques calligrammes (cf page 231)...et nous entraîne dans cette réjouissante farandole de mots.

Si vous aimez ce genre littéraire, le roman d'Anne Tyler "Vinegar girl" librement inspiré de la "Mégère apprivoisée" de William Shakespeare est aussi très cocasse.



En résumé, fille et mère ont aimé ce roman, un sympathique partage


  ?
® Tous droits réservés

vendredi 20 mars 2020

Je lis Tu lis : le virus de la lecture est intact


Ce samedi matin, une dizaine de personnes étaient présentes. Plus de bises ni de poignées de main - risque de contamination oblige. Mais toujours le même plaisir de partager nos découvertes et coups de cœur.
                                                                     📕

Frédérique nous informe que Nicole P, absente, a lu et adoré
Un petit carnet rouge, de Sofia Lundberg.
Une vieille dame confie à sa petite-fille un carnet dans lequel elle raconte son histoire.
"C'est drôle, émouvant, on est surpris. Une petite perle !"


A lu aussi Ce que tu as fait de moi, de Karine Giébel. Elle s'attendait à un polar  "classique" et a été (agréablement) déroutée par cette histoire bâtie autour de deux personnages : un commandant et sa jeune recrue. Ils sont soumis à un interrogatoire... Pourquoi ? On n'en découvrira la raison qu'à la fin du roman. 



Claudine : "Je l'ai lu et j'ai adoré ! C'est l'histoire d'une passion. Ça va crescendo - c'est passionnant et addictif ! L'analyse des personnages est excellente. Il y a plusieurs niveaux de lecture, c'est vraiment très très bien ! Je lui mets 5 étoiles !!!
Karine Giebel, c'est une autre manière d'écrire le polar."

Une lectrice recommande Meurtres pour rédemption, qui traite de l'univers carcéral. Est très bien écrit, et pas du tout sanglant (petit clin d’œil aux lecteurs "hémoglophobes" du groupe).

📕

Nathalie a adoré Par les routes, de Sylvain Prudhomme : 
"C'est une façon de voir la vie et de rencontrer les gens, sans but, sans attentes particulières. Simplement être hors-cadre et lâcher prise. La fin est bien, même si elle est cousue de fils blanc. Je peux comprendre qu'on ait du mal à rentrer dans cette histoire : le rythme est lent, il y a peu de personnages, pas d'action - mais il y a un peu de suspense."

Nathalie n'est pas rentrée dans L'été meurt jeune, qu'elle a renoncé à finir. Ce roman lui a rappelé Leurs enfants après eux, de Nicolas Mathieu. Christine : "Ce sont des histoires tristes."


                                    
  📕
Retour sur le cas Tesson
(auteur dont la personnalité et le style divisent - comme nous l'avons déjà évoqué.)

Fred-le-lecteur a lu La Panthère des neiges : "C'est bien mais il se regarde écrire."
Anne : "Il y a une atmosphère. On y est bien."
Claudine : "Je suis allée au Tibet et j'ai retrouvé les paysages."
Anne : "On verra dans quelques mois si on s'en souvient."                
📕

Christine a beaucoup aimé : 
Six ans à t'attendre, de Delphine Giraud : "Je me suis identifiée à la jeune femme ! Je suis tout de suite rentrée dans cette histoire, où toute une famille enquête. Comme il avait déjà été question de ce livre et de son démarrage un peu lent, je n'ai pas été gênée par cet aspect. C'est très bien écrit."

Une joie féroce, de Sorj Chalandon : "J'ai été touchée par le sujet. Ça m'a parlé. Ce livre permet de comprendre ce que peuvent ressentir les personnes atteintes d'un cancer, de comprendre leurs réactions."

Millésime 54, d'Antoine Laurain : "Un roman tendre, drôle, qui invite le lecteur à voyager dans ses rêves."
L'histoire : "Quatre personnages se retrouvent dans un immeuble. Trois d'entre eux délivrent le quatrième qui est enfermé dans une cave. En remerciement, il  leur offre une bouteille. Un millésime 54. En le buvant, ils vont replonger dans cette année-là. 
Un roman délicieux, qui fait du bien."
📕

Si le dernier roman de Karine Giébel a suscité l'enthousiasme de Claudine, elle a été nettement moins passionnée par ces deux autres livres :

Miss Islande, d'Audur Ava Olafsdottir : "Bon, bon...d'accord... C'était une autre époque, l'héroïne se défend, ok... mais bon... voilà."

Civilization, de Laurent Binet, commenté dans un grand soupir : "Je m'ennuie à mourir.
Je viens de le commencer, je n'en suis qu'au début. Comment dire ? ... C'est  l'Histoire à l'envers, qui répond à la question : que se serait-il passé si les vainqueurs avaient été les vaincus ? C'est loufoque mais vraiment j'ai du mal à avancer."



Les coups de cœur de Mathéis :


Chroniques martiennes, de Ray Bradbury : "Super intéressant. Beaucoup de références à ses romans."
Frankenstein, de Mary Shelley : "Livre écrit en trois jours, en 1816. L'histoire est très belle. Et ce n'est pas du tout celle qu'on croit connaître : le savant n'est pas fou, la créature n'est pas si monstrueuse. Il s'agit d'un roman épistolaire."
Dracula, de Bram Stoker : "Beaucoup mieux que le film [de Francis Ford Coppola]. Il y a plus d'intrigues. Très prenant : on a pas envie de le finir."

📕
Les pépites de Marie-Pierre :                                                                                                 

Né d'aucune femme, de Franck Bouysse : "Excellent. On comprend beaucoup de choses à la fin. Du coup, j'ai relu le début parce que ça permet de recoller les morceaux. Est-ce qu'il y en a parmi vous qui ont aussi ressenti ce besoin ?
(La réponse est oui.)
Elle poursuit : "Ça peut paraître un peu noir mais c'est aussi l'histoire d'une femme qui se bat, qui veut s'en sortir."                          


Sang chaud, nerfs d'acier, d'Arto Paasilinna :                                                                                                                                                                                "Merci de m'avoir fait découvrir cet auteur. Il emploie une écriture vive, joyeuse, pour traiter des thèmes durs. C'est excellent ! Très contente de cette découverte."
                                                                                                                          
Cinq matins de trop, de Kenneth Cook :  

"Ça se passe en Australie, on découvre la vie des paysans du fin fond du pays. C'est sombre. 
Mais à lire. 

Je me souviendrai toute ma vie de la chasse aux kangourous !"                                                                                                             
                                           📕
                                                                               
Fred-le-lecteur : "Dans la même veine, il y a l'excellentissime Piège nuptial, de Douglas Kennedy. 
Je le recommande à toutes les personnes qui n'aiment pas en leur disant :
- Tu n'aimes pas lire ? Eh bien lis celui-là !"
📕

Les coups de cœur de Frédérique : 



Petit frère, d'Alexandre Seurat :" Très belle écriture. Ce roman aurait pu être classé en vécu parce qu'il s'agit de la propre histoire de l'auteur. Il parle de son petit frère un peu bohème, décédé. Seurat culpabilise trop, il se reproche d'avoir soutenu son père. 
Une histoire familiale avec beaucoup de non-dits."                             


Un autre jour, de Valentin Musso :"C'est un polar. C'est l'histoire d'un type qui a toujours tout fait par lui-même. Sa riche épouse, en séjour chez ses parents, est retrouvée morte sur une plage. Le mari est troublé parce qu'il en a rêvé la nuit où le drame a eu lieu. La nuit suivante, rêve encore de sa femme, de la plage, et aperçoit même le meurtrier. Il décide de partir chez ses beaux-parents  en se disant qu'il est peut-être encore temps de sauver sa femme... Je n'en dis pas plus sauf qu'à la fin, on se dit qu'avec les progrès de la recherche médicale, ça pourrait arriver."
📕
Danielle a apprécié :
La Part des flammes, de Gaëlle Nohant
Ce roman historique parle de l'incendie du Bazar de la Charité, en 1897.
"On voit comment les femmes ne pouvaient rien faire sans leur mari. 
Est-ce que c'est "bien écrit" ?
Je ne sais pas ce que ça veut dire, mais j'ai trouvé ça facile à lire, agréable."


Les choix de Kiki :

Dr Dolittle, de Hugh Lofting : "J'ai beaucoup apprécié le côté aventure et voyage de la dernière chance. C'est très abordable, très bien écrit. Peut être lu à partir de 9 ans."

Tsipora et le vengeur de sang, de Rachel Hausfater : "Une jeune fille des temps bibliques rencontre un jeune homme qui pense avoir tué quelqu'un. La jeune fille mène l'enquête afin de prouver l'innocence du jeune homme. C'est un roman court, d'aventure, d'enquête.

L'île des neufs, de Laurel Snyder : "Il m'a fait frissonner d'émotions aussi bien positives que négatives.
C'est une île où il ne peut y avoir que 9 orphelins à la fois. Si un arrive, un doit partir. Un jour, ils se retrouvent à 10. Problème...
Ce livre est une belle leçon. Ça fait quelque chose ! Un livre qui peut faire réfléchir les enfants d'aujourd'hui qui ont tout."


📕

Marie présente un petit bijou :
Songe à la douceur, de Clémentine Beauvais                                                   
Ce livre, pioché dans le fond ado, est inspiré du roman en vers de Pouchkine : Eugène Onéguine
Clémentine Beauvais l'a adapté à l'époque contemporaine tout en conservant la forme.
"Surtout, ne vous laissez pas  arrêter par la forme - qui peut déstabiliser. Acceptez de donner sa chance à ce livre, au moins sur 20 pages, parce que vraiment, c'est une réussite. On peut aussi se laisser porter par le rythme - comme pour une chanson, ça coule tout seul. 

Une jeune femme croise dans une rame de métro, un homme qu'elle a beaucoup aimé quand elle était ado... Il est question d'amour, de rendez-vous manqués, de souvenirs mitigés, de hontes, de regrets. C'est un roman original, malicieux, intelligent, drôle, poignant."
                                                                             
                                                                                 📕      
     
Fred-le-lecteur demande à Marie si elle a des suggestions de livres piochés dans le fonds Bien-être.
Les voici :
Remèdes à la mélancolie, d'Eva Bester

J'ai choisi la dépression : la méthode infaillible pour ne plus jamais se relever de son canapé, de Dana Eagle


 

 ® Tous droits réservés